Le succès croissant des ateliers philo a fait apparaitre chez les jeunes un besoin non satisfait par l’école : celui de réfléchir sur les grands problèmes de la vie. Les jeunes sont, comme nous, en quête de sens. Ne peut-on pas penser qu’ils ont également le besoin d’exprimer leurs affects, leur ressenti, leurs émotions ? De s’interroger sur ce que ressent l’autre ? De s’ouvrir à l’autre en imaginant ce qu’il ressent (comme nous le faisons dans les groupes S au S), et de se découvrir eux-mêmes en se regardant ainsi dans le miroir de l’autre. Par exemple : "Que ressent-on quand on est une femme qui attend un enfant ? Quand on est un jeune immigré qui se fait insulter ? Quand on est un prof chahuté ? Pourquoi est-on curieux de la vie privée des autres (les vedettes, les gens au pouvoir, nos profs) ? L’atelier psycho serait alors un lieu et un temps pour développer la capacité d’identification à l’autre. Nous posons à chacun la question : "Qui serait intéressé pour lancer de tels ateliers avec ses élèves, les collégiens en particulier ?"